18/06/2008

18/06/08 - 01:27

L'erreur de Jacques Cartier

L’erreur est humaine. Sans doute l’était elle encore plus chez les humanistes de la Renaissance. En 1535, Jacques Cartier rentre de son 2e voyage du nouveau Monde, de cette terre baignée par Saint Laurent dont il prendra possession au nom du roi de France François Ier et qu’il nommera « Nouvelle France ». La fièvre de l’or, initiée par les Espagnols en Amérique du sud, embrase alors les cours européennes, et pousse les souverains des différentes nations à commanditer des voyages sur les côtes de l’Amérique du nord afin de trouver des richesses légendaires et un passage vers l’Asie. Les Français avides eux aussi de richesses croient ramener du « Cap Diamant », futur site qui accueillera la ville de Québec, des pierres précieuses qui s’avéreront être du quartz et de la pyrite. Sa mésaventure sera à l'origine de l'expression « faux comme des diamants du Canada ».
En 2008, je suis parti comme lui à l’aventure. Je me suis souvent demandé comment pouvaient vivre les pionniers, les premiers colons dans cet environnement sauvage à des milliers d’années lumières de leur vie en Europe. Cartier y a découvert un petit village iroquoien. Le nom du Canada, emprunté par Jacques Cartier pour désigner les régions autour de Stadaconé ainsi que le fleuve, vient de la langue parlée par ses habitants, dans laquelle le mot signifiait «bourgade». Cette langue je l’ai fait mienne. Je l’ai apprise jour après jour. J’étais venu chercher des diamants : j’y ai trouvé de l’or. Pas dans les forêts, mais dans la jungle urbaine nord américaine que j’aime tant.

Jacques Cartier s’est trompé. Il y a bien des diamants à Québec. Des milliers, une population accueillante et touchante. Et surtout un de toute beauté que j’aurais bien aimé ramener à Paris.






26/02/2008

26/02/08 - 06:19


Le nom vernaculaire crevette (aussi connu comme chevrette dans certaines régions de la Francophonie) est traditionnellement donné à un ensemble de crustacés autrefois regroupés dans le sous-ordre des « décapodes nageurs », ou homo natantia. Curiosité linguistique, c’est la seule espèce gay dont le nom soit du genre féminin. La crevette gay séjourne exclusivement dans un milieu humide, en général marécageux. Certaines crevettes s’accommodent toutefois d’autres milieux aquatiques que les marécages. Ainsi, parle-t-on de crevettes d’eaux douces et de crevettes de mer. Les bancs de crevettes de mer les plus connus sont situés à Ibiza, Mikonos, et ne sont visibles que l’été.



Ce système nerveux fait partie des moins élaborés de la communauté gay. Il se compose d’une longue racine dorsale qui ressemble à notre moelle épinière et qui relie leur petite tête à leur grande queue.




Les crevettes sont recouvertes d’un exosquelette censé protéger leur corps mou à l’intérieur. L’exosquelette est une enveloppe extérieure qui supporte et protège l’animal. Il est aussi appelé communément “carapace”. L’exosquelette, très étriqué chez la crevette du Marais, est en général en coton de couleur très vive. Elle est rehaussée d’atours métalliques qui sonnent dans les aéroports (piercings, boucle d’oreille, chaîne en or). Attention, ces caractères sont également présents chez d’autres espèces comme le rappeur bling bling qui a des mœurs sexuelles radicalement opposées et qui ne vit pas dans le même environnement.


La crevette est dotée de moyens de défense redoutables : ses pinces acérées doublées d’une langue fourchue. A vrai dire, certains scientifiques y voient plus un moyen offensif que défensif, la crevette des Marais étant particulièrement agressive. Leurs pinces peuvent servir d’outil pour décortiquer leur nourriture et d’atouts pour les parades nuptiales. Notons au passages qu’elles aiment s’accoupler dans des lieux humides (bords de Seine, saunas…).



La taxinomie des crevettes est plus simple que celles des ours. Notons en particulier :

La crevette ordinaire ou homo nantantia vulga. Petite, maigre. Elle ne pèse jamais plus de 65kg. Sa taille est variable mais excède rarement 1m70.

Le homard ou Bernard l'ermite : c’est en général une vieille crevette (entre 40 et 55 ans). Son prénom est en général Bernard ou Gérard... Comme la gambas, il s‘épile et se fait teindre les cheveux en blond platine pour cacher ses cheveux blancs.

La gambas ou crevette Latina : reconnaissable par sa belle couleur rouge même en hiver, elle est affublée de petits noms comme Pablo, Javier, Ronaldo, Manuel... Particularité : elle est entièrement épilée.






14/11/2007

14/11/07 - 13:32


Les ours sont de grands mammifères plantigrades de l'ordre des carnivores, famille des ursidés, sous-famille des ursinés. Leur nom latin est homo ursus usrsus. On les appelle également de nos jours les nours (avec enclise de l’article indéfini) ou les bears. Contrairement à ce que beaucoup pensent, le mot bear se prononce bère et non bire comme dans beer (moyen mnémotechnique : j’ai vu hier un bear berbère qui portait un béret et qui s’appelait Bernard).


 







L'ours est très présent dans toutes les mythologies du monde. Ainsi, selon les Hurons, amérindiens d'Amérique du Nord, le premier bear serait né de l'accouplement d'un grand guerrier et d'une femelle ours. Serait alors né un individu aux pouvoirs exceptionnels, mi homme, mi ours (nota : il est à noter que le bear est exceptionnel dans les populations amérindiennes, tous comme chez les Asiatiques du reste). Cette légende fait étrangement échos à celles d'autre créatures fabuleuses, mi homme mi animal, tels que le Loup Garou en Europe, le Yeti ou le Sasquatch.




La taxinomie des ours est de loin la plus complexe de la communauté gay, il s’agit d’ailleurs d’une classification qui leur est propre. Sans entrer dans les détails, on peut affirmer qu’il existe grosso modo 5 types de bears :




L’ursus vulgus ou le bear « ordinaire » : poilu, belle corpulence.



Le daddy, ou « papa ours », ou « ours polaire ». Le daddy est reconnaissable par sa belle fourrure blanche. L’histoire veut que le tout premier ours polaire de l’Histoire fût Socrate. Il est en général sage et très écouté dans les tanières. On le retrouve dans toutes les croyances, toutes les religions, et tous les folklores : le Papa Noël, Prof des 7 nains, et même Dieu le père sont autant d’avatars de l’ours polaire.    



Socrate, premier Daddy de l'Histoire. Notez l'index dressé vers le haut. Notez aussi les deux choupinous en larmes à l'arrière plan.


Le musclebear : musclé, poilu, avec ou non quelques rondeurs.


Le cub ou l’ourson : le cas du cub est complexe. Il existe des cubs gros et des cubs minces. Ce qui fait qu’un cub un cub, c’est avant tout son âge. Par définition, il est plus jeune que le bear standard. Des exemples de cubs célèbres : Vincent Cassel, ou notre babybear national de GA.    


Le chubby : c’est un cas unique dans l’univers bear car le chubby est le seul bear qui peut être dépourvu de fourrure. Le chubby est caractérisé par sa taille et surtout son poids qui peut attendre plusieurs centaines de kilos. Le chubby est rare en Europe. Il est en revanche très répandu en Amérique du nord où il peut prendre des proportions monstrueuses (on l‘appelle alors le superchub) et où il supplanterait le bear ordinaire. Un bear peut se transformer en chubby avec le temps s’il se néglige. L’existence des chubbies pose un véritable dilemme zoologique : elle tendrait à prouver que ce n’est pas la fourrure qui est la caractéristique génétique commune des ours, mais bel et bien sa corpulence. Or, ceci est en contradiction avec l’existence des cubs minces cités plus haut.




L’ours, bien que carnivore à la base, est devenu, tout comme l’homo sapiens sapiens un omnivore. Son régime alimentaire est varié : des bears sont amateurs de bears (on parle alors d’endogamie, ainsi les chub4chub : les chubies amateurs de chubies) ou les bears amateurs de non bears et en particulier de choupinous (on les appelle alors de ours exogames).

Les bears ont également mis eux-même en place une taxinomie des non bears amateurs de bears. Les chasseurs ou chaser en anglais (prononcez tcheïsseur) et les admirers. La distinction entre ces deux groupes est assez floue et est sujette à débat mais tous s'accordent pour dire que les chasers seraient plus carnassiers que les admirers.





Classez les individus suivants dans l’une des catégories vues plus haut :


Vincent Cassel, Laurent Ournac, José Garcia, Sean Connery, François Hadji-Lazaro, Demis Roussos, Raymond Barre, Dominique Besnehard, Amélie Mauresmo (attention piège), Pedro Almodovar


 



Germanophile convaincu, je suis allé à Berlin il y a peu. Et quelle fut ma surprise quand j'ai vu le blason de la ville. Alors Berlin ? Capitale mondiale du bear ? (Fo***, Paris)


Berlin est en effet une mégalopole bear ! Ses armes célèbres y sont pour beaucoup. Le bear allemand, est considéré comme le plus chubesque d'Europe (sans doute à cause de leur alimentation à base de bière et de Wurtz).



 


Quand j'étais petit, je m'endormais avec un nurs en peluche ? Crwayez vous que mon goût pour les nurs tire son origine de là ? (J***, Belgique)


Mon cher J***, nous avons tous eu, étant petits, un nounours en peluche qui nous faisait de gros calins avant de s'endormir. Il y a fort à parier que la bearomania doit beaucoup au teddy bear ! Savez vous d'ailleurs que le nom de Teddy Bear a été donné en l'honneur de Théordore Roosevelt, premier bear de la vie politique américaine ? Parenthèse close, c'est bien là la force symbolique du bear : il réveille l'enfant fragile et appeuré que nous sommes. Mais méfiez-vous ! L'ours peut être dangereux parfois.



J'ai un jour fait un tour au Bear's den et je me suis senti de trop. Le bear serait-il sectaire ? (AntoineW***, Paris)


Mon cher AntoineW***, on ne le dira jamais assez : méfiez-vous de l'ours mal léché ! La subculture bear est l'une des plus fermées qui soient et ils ont la facheuse tendance de vivre en meutes. Notez que tous les ans, les bears organisent une bearpride, mouvement parallèle à la gaypride. Si vous pesez moins de 80kg, avez trois poils sur la poitrine, ce n'est même pas la peine d'y penser !








03/11/2007

03/11/07 - 00:51



Le choupinou est un mammifère carnivore de la famille des primates. Son nom, attesté pour la première fois sur GA en février 2004, serait une déformation de l’appellatif chouchou et de ses dérivés (choupette, choupine). On ne sait pas vraiment comment est apparue cette forme. Chouchou est du reste lui-même dérivé du verbe chouer, forme ancienne de choyer, ce qui en dit long sur les mœurs de cette espèce. Quoi qu’il en soit, cette base lexicale est très productive en gayen. Ainsi l’adjectif choupinesque (ou choupinou), le verbe choupiner (aller à la chasse au choupinou), ou les mots valises choupibear (ou choupinours en français), le dérivé choupinette, choupinophobe, choupinophile, choupishot (photo de choupinou) choupimovie… Il a été longtemps débattu si ce mot était l’équivalent de l’anglais twink. Il s’avère que ces deux lexèmes recouvrent des réalités quelque peu différentes.   








Apollon, ou le mythe du Choupinou originel.




On dénombre aujourd'hui environ 80 races de choupinous. Le choupinou domestique est de loin l’espèce la plus fréquente mais les zoologues s’accordent à toutes les réunir sous une appellation commune : homo cupinus cupinus.  

La plupart des choupinous sont totalement imberbes, nonobstant les caractères sexuels secondaires. Le faible pelage peu être brun, blond, châtain, roux…On le reconnaît surtout par ses vêtements très étriqués qu’il porte hiver comme été, le jean est lui porté très bas (mi fesses), t-shirt ou marcel de couleurs chatoyantes sont de rigueur. Le choupinou écoute essentiellement du Tokyo Hotel, du Mylène Farmer, du Kylie Minogue, du Zazie et les chanteuses à pd « new generation ». Son alimentation est déséquilibrée (Quick, McDo, Pizza). Il se dépense en général beaucoup mais contrairement à d’autres espèce (le musclor, le bear), il préfère la natation ou le tennis à la salle de musculation.  

La durée de vie du choupinou est faible (peu de spécimens dépassent les 25 ans, voir FAQ). Au-delà de cet âge, il ne meurt pas mais devient un adulte gay tout à fait ordinaire. Certains individus peuvent toutefois dégénérer en folle, ou en tapioles. Le choupinou peut chasser dès qu’il est pubère (en général très tôt à notre époque: 15/16 ans), la plupart du temps dans les boîtes, les H&M, les universités de banlieue ou les soirées Mylène Farmer du Marais. Le Tropic Café est connu pour être un lieu de chasse très connu du choupinou.  




Un choupinou peut-il avoir des pwals ou ressembler à un nurs ? (J***, Belgique)

C’est un fait incontestable ; mon cher J**, un choupinou poilu est une espèce inhabituelle dans la nature. Toutefois, certains rares spécimens peuvent être affublés de pwals faciaux tels que le bouc ou le duvet pour faire plus grand. Certains choupinous célèbres (Leonardo Dicaprio pour ne pas le nommer) s’affublent même de tels artifices pour avoir l’air moins choupinesques et faire plus méchant (mais cela ne trompe personne). La pilosité corporelle est encore plus rare chez le choupinou et en général se transforme en une belle fourrure vers l’âge de 25 ans. Le choupinou à poil (ou choupinours) devient alors ce qu’on appelle, dans le langage bear, un cub et va en général vivre avec ses congénères au bear’s den.


Existe-t-il des choupinous de plus de 30 ans ? Que devient le choupinou une fois qu’il a vieilli ? (Fanou***, Montrouge).

Question très controversée que vous me posez là mon cher Fanou*** ! En effet, selon la doxa, le choupinou est une espèce qui ne dépasse pas 25 ans. Selon certains scientifiques, en revanche, le choupinou peut atteindre l’âge de quarante ans (certains cas on été recensés dans le Marais et à San Francisco). Notez qu’il existe aussi des ex choupinous quadragénaires qui essayent de faire illusion en se faisant passer pour des choupinous dans la fleur de l’âge, et ceci  avec des résultats plus ou moins convaincants (pour ne pas les nommer : Vincent Perrot, Patrick Dupont, Patrick Juvet). On les appelle alors des « vieux beaux ». 


Mme de Quercy m’a présenté, hier soir au souper, son neveu, le Chevalier de Tourvel. Ce jouvenceau a toutes les apparences du choupinou que vous décrivez. Mais je ne puis croire qu’un choupinou ne soit point roturier.  (Evariste d* l* M*, Versailles).

Détrompez-vous, Evariste ! Un choupinou peut avoir le sang bleu ! Malheureusement, il est vrai que la consanguinité de certaines grandes familles d’Europe a fait disparaître le gène choupinesque qui devient fort rare. Il reste très présent malgré tout ! Je vous persuaderai par l’exemple : le Prince William d’Angleterre, son frère, le prince Harry sont tous deux des choupinous côtés à l’argus. Pensez également à nos bons roys Louis le XIVe et Louis le XVe qui, dans leurs primes jeunesses, étaient de purs beaux gosses. Songez au mythe du prince Charmant dans les contes : le prince qui réveille Blanche Neige est choupinesque à souhait et ce qu’il y a de plus noble. D’ailleurs certaines Cours d’Europe avaient dans le passé (au XVIe siècle) des hordes de choupinous (on les appelait, alors, les Mignons). Alors, rassuré, Evariste ?   




Très à cheval sur l’orthographe (j’écris des scénarios pour des séries télé, LUL), j’aimerais savoir si choupinou prend un s ou un x au pluriel !  (H*** les lIlas).

Vaste question qui a été déjà débattue dans un blog concurrent. Effectivement les mots qui se terminent par –x sont en français très rares (bijou, chou, caillou, hibou, genou, pou, joujou). L’usage tente d’imposer un –s. C’est cette solution qui a été adoptée par nous dans cet article. Attendons que l’Académie française tranche.

La semaine prochaine, chers petits amis, je vous parlerai du Bear.


A bientôt.


 







28/10/2007

28/10/07 - 14:38

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26/10/2007